DevoirsOctobre 20263 min de lecture

Devoirs en primaire : que dit la loi ?

Les textes de loi relatifs aux devoirs se succèdent depuis plus de 50 ans. La première loi sur l’interdiction des devoirs écrits remonte à 1956. La plus récente est la loi de Refondation de l’école, qui date de 2013.

Mais alors ces lois disent-elles la même chose ou bien y a-t-il eu des changements ? Qu’est-ce qu’un enseignant d’école primaire a le droit de donner exactement comme devoirs à la maison ?

Je récapitule tout cela dans cet article.

Le texte officiel de 1956 sur l’interdiction des devoirs écrits en primaire

La circulaire du 29 décembre 1956 précise que :

« Aucun devoir écrit, soit obligatoire, soit facultatif, ne sera demandé aux élèves hors de la classe. Cette prescription a un caractère impératif. »

Circulaire du 29 décembre 1956

Autrement dit, le travail donné à la maison se limite à des leçons à apprendre, des lectures, ou des recherches par exemple.

Cette circulaire est également la seule à définir le devoir :

« Le mot devoir doit être entendu dans sa définition courante. Le “devoir” se distingue de “l’exercice” en ce que, tandis que celui-ci permet de s’assurer sur le champ si une leçon a été comprise, celui-là permet, en outre, de mesurer l’acquis de l’élève et de contrôler ses qualités de réflexion, d’imagination et de jugement. Il exige de l’enfant un effort personnel et soutenu, une mise en forme et “au propre” utiles à sa formation – à celle de son esprit comme à celle de son caractère […] »

Circulaire du 29 décembre 1956

Autrement dit, si l’école prend en charge de mesurer la compréhension de l’élève et la réflexion qu’il met en œuvre dans un exercice, les devoirs à la maison servent simplement à savoir si la leçon est bien comprise.

Par exemple, pour une leçon sur le repérage du verbe, l’enseignant pourra demander aux parents d’exercer leur enfant à l’oral et de leur donner le verbe dans la phrase « Le petit chat boit son lait. »

En revanche, il ne pourra pas leur demander de copier cette phrase sur le cahier du jour, et d’en souligner le verbe.

Ce que dit la note ministérielle de 1994

Cette circulaire précise clairement, comme la précédente, l’interdiction des devoirs à la maison en ces termes :

« Dans ces conditions, les élèves n’ont pas de devoirs écrits en dehors du temps scolaire. À la sortie de l’école, le travail donné par les maîtres aux élèves se limite à un travail oral ou des leçons à apprendre. »

Note ministérielle de 1994

Rien de nouveau donc, par rapport à celle de 1956.

Ce que dit la loi de Refondation de l’école de 2013

L’interdiction des devoirs écrits repose actuellement sur cette loi et rend toujours effective « l’interdiction formelle des devoirs écrits à la maison pour les élèves du premier degré ».

Conclusion

Les lois se succèdent sur le sujet des devoirs, mais disent globalement toutes la même chose :

  • Apprendre une leçon
  • Faire une recherche documentaire pour un exposé
  • Lire une fiche, un livre ou autre chose
  • Réaliser un exercice écrit
  • Finir un exercice à la maison
  • Donner une leçon ou des lignes à copier

Cependant, on peut objecter qu’il y a des subtilités dans cela. Certains enfants ont une mémoire écrite ou kinesthésique, et s’aideront de l’écrit pour mémoriser une leçon, ou apprendre les mots en vue d’une dictée en classe par exemple.

La responsabilité de la décision revient alors aux parents, qui peuvent juger qu’il est pertinent ou non de passer par l’écrit pour revoir une notion construite en classe, selon le profil de leur enfant.

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